Septembre, lui, a du sel sur la peau, les joues un peu dorées et un cahier neuf sous le bras. On a toujours préféré sa façon de promettre.
À la Côte des Basques, la plage presque rouge s’étire avec les grandes marées et retrouve toute sa taille. Restent les surfeurs, les voisins et ces inconnus qu’on croise chaque matin à la même heure sans jamais connaître leur prénom. On a dû régler nos réveils ensemble, un jour, sans s’en souvenir. On se reconnaît quand même d’un petit signe de tête.
La lumière a changé, elle aussi. En plein été, elle tombe sur la plage sans faire de détail. En septembre, elle arrive de biais, glisse sur la falaise et accroche le haut des vagues. On s’attarde à les regarder depuis le haut des marches. Le soir, l’océan prend cette couleur entre l’argent et l’or qu’aucune photo de téléphone ne rend vraiment. On en reprend une quand même, chaque fois.
En ville aussi, on retrouve ses marques. Septembre ramène les habitudes en même temps qu’il en invente d’autres. On s’arrête boire un café chez Locky sans faire la queue (quoique), et l’on espère une table en décidant de dîner dehors une heure avant. Sur l’avenue de Verdun, on passe chez Plein Air choisir quelques fleurs, puis quatre numéros plus loin, chez Coin de Table, acheter du pain. On rentre avec un bouquet sous le bras et une miche qui a rarement le temps d’arriver entière à la maison.
Les écoliers traversent les rues avec des cartables plus grands qu’eux. Dans les cours de récréation, on vérifie qui a grandi pendant l’été et les cartes Pokémon changent de mains selon des règles que les adultes ne maîtriseront jamais. De mon côté, j’ai rempli mon agenda avec l’enthousiasme d’une personne qui ignore manifestement combien de jours compte une semaine.
Septembre fait aussi sortir Biarritz de chez elle. Le Temps d’aimer la danse a ramené les danseurs sur les places, les frontons et jusqu’au bord de la Grande Plage. Cette année, Benjamin Millepied et November Ultra ont ouvert le festival. Après le défilé Croisière de Chanel au printemps et les salles pleines de Nouvelles Vagues en juin, on finirait par croire que la ville s’est offert un agent. Puis on croise un surfeur en combinaison venu acheter son pain et tout rentre dans l’ordre.
Quand les rues nous semblent à nouveau trop familières, on reprend la piste cyclable à bord de nos cargos. À Bidart, les derniers vacanciers cherchent encore leur chemin ; nous, on file vers Guéthary en regardant les pampas prendre la lumière sur la voie ferrée. On s’arrête au Café du Fronton pour voir passer le village, puis on descend vers la jetée des Alcyons. Chez Paz e Arroz, on commande un verre de vin orange et une moqueca de poisson face à l’océan. Puis la lumière change, et l’on oublie l’heure qu’il est.






On peut pousser jusqu’à Saint-Jean-de-Luz. La lumière descend sur les bateaux du port, réchauffe encore les façades blanches et rouges, et nous donne envie de marcher une rue de plus. Le soir, il y a l’idée d’une table chez Denen Kanttua, et la certitude qu’on aurait dû partir plus tôt pour avoir davantage de temps sur place. C’est souvent comme ça que se terminent nos balades.
Les brocantes du week-end reprennent, les soirées restent assez douces pour traîner dehors après le dîner. Même les moustiques tigres jouent les prolongations, bien qu’on ait oublié de les inviter. Il faudra bientôt ressortir les vestes. Pour l’instant, on profite de cette lumière un peu plus basse, qui rend tout familier et nous donne quand même envie de reprendre la route.
Dans la rue, on recommence à se dire “bihar arte”. C’est peut-être la plus belle promesse de septembre.
Où dormir
Hôtel Saint-Julien [Biarritz] : pour être près de la Côte des Basques ; l’Hôtel de la Plage pour se réveiller au Port-Vieux ;
Regina Experimental [Biarritz] : pour son patio et ses vues sur l’océan.
Villa Magan [Biarritz] : pour sa joyeuse fantaisie, ses objets chinés et les petits déjeuners qu’on voudrait faire durer toute la matinée.
Maison Maïte [Biarritz] : pour dormir dans une ancienne écurie devenue maison d’hôtes, à quelques pas des Halles.
La Villa Anvers [Guéthary] : pour ouvrir les volets sur la vague de Parlementia.
La Ferme Berdea [Itxassou] : pour réunir sa tribu côté montagnes et laisser les journées s’étirer entre jardin et piscine.
Où manger
À Biarritz, Frenchie au Regina pour un dîner qui donne envie de s’habiller un peu ; Les Contrebandiers près des Halles pour leurs pintxos bien travaillés et leur cave à vin ; ou le Bar de la Marine, à deux pas du Port-Vieux, pour laisser la soirée s’étirer.
À emporter, le poulet rôti et les pommes de terre au jus de Pollo Mingo. Le dîner est prêt, et personne n’a eu à allumer le four. Ou une pizza de Loujo, à partager sur la côte pendant que le soleil disparaît dans l’océan.
À Saint-Charles, Bar Mada pour ses assiettes à partager (favoris !), ou L’Impertinent, du petit déjeuner au dîner. Le quartier a aussi ses fêtes de septembre, que certains préfèrent même à celles de Bibi. On ne prendra pas parti à voix haute.
À Guéthary, le Café du Fronton pour s’attarder au cœur du village, l’Hétéroclito pour sa terrasse face à la mer, ou Dar Dar près de la jetée, pour manger sur le pouce sans quitter l’océan des yeux.
À Saint-Jean-de-Luz, deux adresses à retenir : Denen Kanttua et le Petit Grill Basque.
Pour s’éloigner un peu de la côte, Lurrak à Arbonne pour un dîner soigné ; la Cidrerie du Fronton pour les grandes tablées et le cidre tiré au fût ; ou Hiriartia sur la place du village d’Ahetze (favoris !).









Où boire un café
Loky [Biarritz] : Les habitués ne me remercieront peut-être pas de vous donner l’adresse.
Hino Café [Biarritz] : pour un café de spécialité et une douceur. Et si la pause déborde sur le déjeuner, il y a les ravioles.
Dimanche Café & Focaccia [Biarritz] : où les œufs à la coque sont aussi à tomber.
Bisou Café Céramique [Biarritz] : pour prendre un goûter avec un pinceau à la main. On vient pour une tasse, on repart avec l’envie de peindre tout le service.



Quoi faire
Longer la côte à vélo, en s’arrêtant à Bidart, Guéthary ou Saint-Jean-de-Luz, selon l’envie et les jambes. Bidart Bike loue des vélos électriques (Ritmic Biplace ou autres). Ceux qui connaissent les côtes basques comprendront.
Chiner à la brocante des Cinq Cantons, à Anglet, le deuxième dimanche du mois, ou à celle d’Ahetze le troisième. On vient juste regarder. Puis on cherche comment rapporter une lampe à vélo. Et si vous avez la flemme de chiner, Agnès l’a fait pour vous : retrouvez sa sélection che les Plus d’Agnès, désormais à Saint-Charles, à côté des céramiques d’Isabelle Lamourelle et de la friperie chez Yvonne.
Passer voir l’atelier de Zuri, à Bidart, pour découvrir ses objets en béton fabriqués à la main. Le showroom se visite sur rendez-vous.
Faire un détour dans les terres pour la visite guidée de l’atelier Alki, à Larressore. On y suit la transformation du bois, de la matière brute au meuble fini, avant de ressortir avec l’envie de refaire tout son salon.
Dérouler son tapis chez Yoga Etxea, à Biarritz ou à Guéthary, pour un cours de yoga ou de Pilates entre deux bains de mer.







