Le Nord en opaline
Quelques jours au calme, le long des dunes et des falaises calcaires de la Côte d’Opale : le bleu du nord plutôt que l’azur en toile de fond.
Nous sommes partis chercher le printemps vers le nord pour le week-end de Pâques. Les bourgeons y sont en retard, les plantations aussi. L’hiver n’a pas encore dit son dernier mot. Les poules font quand même du chocolat et le soleil perce plusieurs fois par jour. Sous nos bonnets, on tombe très rapidement sous le charme d’un territoire brut.
Si la région n’a pas toujours les faveurs des articles “où partir ce week-end ?”, c’est à tort. La Côte d’Opale se dresse, somptueuse, face aux côtes anglaises. Une nature sauvage magnifiée par les ciels capricieux qui font la réputation du Nord. La Côte d’Opale ne s’impose pas, elle se révèle à ceux qui prennent le temps de la contempler.
A l’emblématique Touquet-Paris-Plage, on a préféré les stations balnéaires au charme désuet de Wimereux ou Ambleteuse (et son fort). Après un crochet par le marché aux poissons de Boulogne-sur-Mer et ses caissons colorés, on a rejoint les kilomètres de littoral qui se déploient le long d’une mer d’un bleu laiteux.
On trouve aux plages et aux villes de la région une identité forte et sincère qui touche profondément. Difficilement intelligible pour ceux qui préfèrent le Sud clinquant, se dégage du Nord une énergie autre, moins palpable peut-être. Elle vient de l’air marin, du minéral de ses côtes, des herbes folles qui émergent des dunes de sables. Elle imprègne tout. Il y a ce quelque chose d’indéfinissable qui se dégage des paysages comme des gens. On vient ici comme on est. Il n’y a ni artifice, ni faux-semblant. Une élégance surannée des villes et de ceux qui les habitent à l’année. Quelque chose en plus, qui rassérène beaucoup.
Les deux Caps à l’extrémité nord de la Côte d’Opale offrent des panoramas sublimes. Quand le Cap Gris-Nez se fait discret, le Cap Blanc-Nez vous éclabousse de ses hautes falaises blanches. Entre les deux, la mer ne change pas mais notre regard bascule. Le Cap Gris-Nez se laisse lentement apprivoiser au gré des sentiers tortueux au milieu d’une végétation façonnée par les marcheurs et les bourrasques. L’herbe y danse sous les effets du vent et quelques phoques viennent saluer les clients du restaurant La Sirène. Le second Cap offre des vues spectaculaires sur la campagne et l’Angleterre. Les falaises crayeuses du Cap Blanc-Nez sont aussi impressionnantes d’en haut que depuis la plage d’Escalles.






Les dunes de la Slack offrent un autre terrain de jeu parfait. C’est le plus grand espace dunaire de la Côte d’Opale au milieu duquel courent deux sentiers. À marée basse, la mer se retire très loin, laissant la place aux longues balades. L’horizon s’étire sans fin.







À Wissant, le vent souffle fort et attire surfeurs ou kiters. On s’offre une gaufre au bout de la digue pour profiter du spectacle.



Seule digression à la Côte d’Opale au sens strict du terme : la baie de l’Authie, au sud de Berck, entre la Somme et le Pas-de-Calais, où viennent se nourrir des dizaines de phoques, juste avant la marée basse. Ce jour-là, nous n’avons pas eu la chance d’en croiser. Nous avons en revanche été éblouis par ses immenses étendues de sable et d’eau, comme un labyrinthe de miroirs brisés. La baie semble presque oubliée. Quand la mer commence à se retirer, le chemin ondule entre sable et vase, dans un silence étourdissant. La terre et la mer se cherchent et se repoussent, dans une lente poésie.


Enfin, Montreuil-sur-Mer et ses remparts se sont imposés à nous. La réputation de cette charmante bourgade au style très parisien sur fond de colombages et de briquettes n’est plus à faire. Une incartade dans les terres pour reconnecter avec le monde qu’on avait laissé loin derrière nous, après deux journées pleinement immergés sur les côtes du Pas-de-Calais.
OÙ DORMIR
Moulin Moulin : une maison d’hôtes nichée au bord d’un étang dans une ancienne minoterie. Nicolas et Jérémy nous ont merveilleusement accueillis dans leur joli cocon de Dannes. On se laisse envelopper par le calme des lieux et la gentillesse de nos hôtes. Le sentiment d’être à la maison loin de chez soi. Mention spéciale au petit déjeuner locavore et aux œufs brouillés des poulettes du jardin !
La Grenouillère : un incontournable à quelques pas de Montreuil-sur-Mer. Dormez dans une hutte semi-enterrée construite sur le modèle des cabanes de chasse. Sauf qu’ici, tout est pensé avec soin, en ce compris la baignoire cachée ! On vous laisse découvrir par vous-mêmes !
OÙ MANGER
Au Cap Gris-Nez : La Sirène pour sa situation exceptionnelle au plus près des vagues dansantes du Cap et pour ses très bons fruits de mer.
A Montreuil-sur-Mer : l’Anecdote pour la bistronomie, le Grand’Place Café pour la décontraction et la bande son ou Froggy’s, la rôtisserie. Il y en a pour tous les goûts et sans fausse note chez Alexandre Gauthier qui quadrille la ville.
A Merlimont : Sur Mer, Alexandre Gauthier encore, avec option vue mer cette fois ! Pensez à réserver à l’avance et profitez de la marée basse pour une balade digestive le long des dunes, jusqu’à Stella plage.
À Sainte Cécile : Les filles du vent pour vos premières moules frites sauce maroilles ! Un délice sauf pour les narines de vos voisins !







