La rentrée semble déjà bien loin et l’effervescence qu’elle suscite a épuisé nos ressources sociales. Puisqu’il n’est pas encore temps de sortir les plaids et que l’été joue les prolongations, nous sommes partis nous mettre au vert au cœur de la Normandie, côté terre.
Aux prémices de l’automne, les arbres rougissent timidement le long des routes. Les paysages sont vallonnés et les forêts humides. Cousues de chênes isolés, les collines émergent de prairies vertes ou surplombent des prés grillés par le soleil estival. Avec une certaine obstination, les fleurs s’accrochent, comme nous, à ce qu’il reste de chaleur sous leurs pieds. La vigne, qui court sur les murets de pierre des maisons percheronnes, a pourtant déjà revêtu ses habits d’arrière-saison. Les pommiers ont été expropriés de l’or jaune et rouge que l’on retrouve en nombre sur les étals des marchés. Les glands craquent sous les chaussures pendant que les marrons cognent le sol en tombant. Les fougères tapissent les sous-bois. Les feuilles jaunes s’amoncellent le long des routes et des étangs. La brume matinale commence à s’attarder sur les herbes humides tandis que, dans l’après-midi, les vaches cherchent encore l’ombre. Les sapins finissent de fermer l’horizon. L’automne n’est plus qu’à quelques degrés de ce week-end ensoleillé dans les bocages du Perche.





Les villages épars sont annoncés par des calvaires peu accueillants dans une région où on célèbre encore les messes perpétuelles. Les dimanches y sont sacrés, pour les prieurs comme pour les chasseurs : à chacun sa quête. Les camionnettes bordent le long des routes et les gilets oranges progressent doucement dans les champs. Les toits pointus des longères en grès roussard et les murets de lierre s’offrent, eux, sans compter. Les indénombrables lieux-dits ne s’inventent pas : la zone de la Grippé, le hameau de la Tuée, la route de la Jambe en l’air (véridique)… À la sortie des bourgs, les concessionnaires alignent vieilles voitures et matériel agricole rutilant. Les Land Rover et les chiens à poils longs complètent le tableau.
Le Perche, c’est aussi des marchés vivants et des restaurants nichés dans des corps de ferme d’autrefois, un temps oubliés mais ravivés par une nouvelle génération de gastronomes. Le néo-rural s’y attable dans un silence à peine émaillé par les cloches de paisibles hameaux (ou par le bruit de mastication de vos voisins de table).






Les Parisiens qui croient se fondre dans le paysage en revêtant bottines de daim et Barbour khaki sont pourtant facilement reconnaissables. Les derbies chasse ne verront aucune battue. Les chevalières brillent aux petits doigts. On ose les sabots chaussettes comme s’il fallait se déguiser pour s’intégrer. Le pull marron est noué sur les épaules. On laisse le bleu marine et le framboise aux gens de la mer. A la campagne, on s’accorde aux couleurs de sa Jeep.
Ancienne terre d’exode, le Perche a aujourd’hui des airs de terre promise.
Nos bonnes adresses / idées :
Le marché animé du samedi matin à Mortagne-au-Perche, capitale historique du Perche ornais : les fleurs envahissent les rues et les étals font tous très envie. On craque pour un petit snack léger : le pâté en croûte d’Emeline Aubry, 3e au championnat de France 2025 (ne nous jugez pas, c’était un régal).
Le tout petit mais très convivial marché de Boissy-Maugis : quasiment le seul marché ouvert le dimanche dans les environs proches de Mortagne-au-Perche. Arrivez tôt pour y acheter vos courses de la semaine. Les produits sont 100% locaux. Mention spéciale à la tomme de chèvre de la Ferme de Maugis.
Bellême et ses ruelles pavées : reconnue « Petite Cité de Caractère », elle attire les chineurs et les amoureux d’histoire. Ancienne cité médiévale, des vestiges de l’enceinte du château sont encore visibles. Baladez vous dans sa Ville Close aux façades colorées et aux portes imposantes.
Notre-Dame-de-Montligeon : le village n’a pas d’autre intérêt que sa basilique. C’est le centre mondial de la prière pour les défunts et l’accompagnement du deuil (un peu de culture ne fait pas de mal). L’ambiance du dimanche matin y est éminemment spirituelle.
La Perrière et son éperon : Elle aussi labellisée « Petite Cité de Caractère ». Le site de l’Eperon, perché en haut du village, offre un vaste panorama sur la campagne alentour.
Maison Céronne : une maison d’hôtes d’esthètes au cœur du Parc du Perche. Une immersion en pleine campagne avec piscine intérieure et extérieure (en saison) en marbre noir, bain nordique, hammam, sauna, salle de sports et salle de karaoké. Bref une maison de campagne 2.0. Un repaire d’amis pensé comme un boutique hôtel.





A 20 minutes à pied, par la forêt, Maison Céronne a ouvert ses écuries sur 150 hectares de prairies et héberge notamment des chevaux de la SPA. On se sent véritablement comme des invités au milieu de la nature silencieuse et des chevaux.
Silo : café, cave et bar à vins. Un lieu moderne et chaleureux.


L’Ormoie : ouvert depuis juin 2026 par une californienne tombée amoureuse de la région. Clairement notre coup de cœur du week-end. Situé en pleine nature percheronne, on y sert une cuisine fine signée Junha Lee, chef jardinier sud-coréen passé notamment par la Grenouillère. Deux menus sont proposés, en trois étapes (40€) ou quatre étapes (45€). On s’est régalés.




Sauge - Auberge percheronne : la nouvelle adresse d’Amandine Chaignot. Le lieu abrite un bistrot et un restaurant gastronomique. Le bistrot offre une formule imbattable à 28 euros le dimanche midi avec entrée, plat, dessert. Tout était délicieux et le service extrêmement agréable. L’ambiance y est très familiale.
Les lieux que l’on aimerait tester la prochaine fois :
Pour dormir :
. D’une île par l’équipe de Septime
Pour manger :
. Paysages à Bellême
. La vie en rouge à Mortagne-au-Perche
. Les pieds dans l’eau (fermé le dimanche) proche de Mortagne-au-Perche
. Café La Perrière à La Perrière bien sûr
Pour se promener :
. La forêt domaniale de Bellême
. La clairière forestière des Bresolettes
. Les brocantes de Tourouvre







